J'attends encore

Écrit par Pauline Buffet

À propos

Ce projet est né d’une question assez simple : de quoi naît l’émerveillement ?
Convaincue que le spectaculaire prend sa source directement dans le quotidien. Il s’agit d’adopter le point de vue qui convient, de le déplacer légèrement jusqu’à la scène et de l’offrir à la contemplation.
Le théâtre possède cette force de suspendre le temps, rend légitime le plaisir du rêveur. De plus, je pense qu’il nous offre une ouverture, un regard sur le monde, c’est pourquoi j’aime l’idée de donner à voir le beau dans sa traduction la plus banale. Par beau n’entendons pas le jugement de valeurs mais plutôt le plaisir sensible s’imposant à nous.

Distribution

Mise en scène Pauline Buffet Scénographie Anne-Victoire Soury Jeu Justin Pleutin, Margot Reyraud, Noric Laruelle, Pauline Collet
Création sonore Eva Hernandez
Création Lumière Julien Olivo


Extrait de texte

JO : On l’a attendu vous savez. Cette histoire on devait la raconter ensemble. On l’a attendu, mais on n’a pas pu continuer, il fallait trouver autre chose à raconter. Le temps devenait trop long et il fallait bien... Alors oui, il me semble que notre meilleure option était d’arrêter cette attente et de trouver quelque chose que l’on puisse raconter sans lui. Ça ne veut pas dire qu’on l’ai exclu, n’est-ce pas ? À cet instant on pensait qu’il s’était de lui-même mis à l’écart. Vraiment on ne pouvait pas savoir, comment aurions-nous pu ? Il ne faut pas nous juger. Qu’auriez-vous fait à notre place ?
- MARTIN : Je ne sais pas.
- JO : Oui bien sûr, vous ne pouvez pas savoir puisque vous n’êtes tout bonnement pas à notre place. Je devrais aller rejoindre les autres et m’excuser. C’est certain, c’est du reste, ce qu’il y a de mieux à faire et... Enfin vous savez bien, les évidentes choses, parfois...
- MARTIN : Restez un peu ici le temps de prendre le recul nécessaire pour que le flot se calme.
- JO : Qu’est-ce qui vous… Merci. (temps) C’est gentil.
- MARTIN : Et un peu intéressé aussi. Je n’ai pas véritablement envie de me retrouver seul.
- JO : Quitte à endurer mon trop plein continu ?
- MARTIN : Il faut croire.
(temps)
- JO : Vous savez moi j’en avais une, une histoire à raconter. Mais je ne leur en ai pas parlé, inutile, je savais qu’ils ne l’a jugeraient pas à la hauteur. Que voulez-vous, elle m’a toujours plus plu à moi qu’aux autres. Il devrait y avoir un baromètre universel de classement des histoires, ça soulagerait le travail des prétentieux et des envieux. Si mon histoire ne donne pas assez envie, ce n’est rien, je la garde pour moi. C’est toujours bien d’avoir une histoire à raconter, ça peut toujours servir. Quand le temps deviendra trop long, trop effrayant ou trop décevant on nous les réclamera, c’est sûr. Et si un jour toutes les grandes et belles histoires finissaient par disparaître, on se félicitera d’avoir fait des réserves de ces petites histoires qui, à leur tour, deviendront grandes et belles. Mais ça, ce sont les affaires du temps.